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Archive for the ‘Roland Barthes et la phénoménologie’ Category

Ce cycle de réflexion a été rédigé par Emilie Jeanneau

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Dernier moment de notre étude, dans les Fragments d’un discours amoureux, la phénoménologie prend un nouvel aspect, bien différent de celui des écrits de 1953-1956. En effet, dans ces derniers, les manifestations de la phénoménologie étaient intermittentes. Premièrement, parce qu’il n’était pas sûr qu’elle soit toujours mise en œuvre sciemment. Deuxièmement, parce que cette pensée était utilisée comme un outil langagier subordonné à un thème général.
Les Fragments d’un discours amoureux déploient une phénoménologie davantage encore ancrée dans l’œuvre : elle forme sa base fondamentale. Le thème du livre (l’amour) n’est plus éclairé par la phénoménologie, il est une phénoménologie. Cette présence centrale rend la phénoménologie plus visible dans les Fragments. Plusieurs critiques ont d’ailleurs souligné la présence de cette pensée dans le livre : Jean-Louis Giribone, Eliane Escoubas ou encore Philippe Roger.

La réunion du thème de l’amour et du cadre phénoménologique procure au livre sa tonalité triste si particulière. Une telle réunion peut paraître étrange, dans la mesure où la phénoménologie est une pensée généralisante, quand l’amour est tout ce qu’il y a de plus intime et particulier. La force de la phénoménologie des Fragments réside justement dans cette coexistence paradoxale du général et du particulier. Cette quatrième phénoménologie barthésienne peut ainsi se résumer en la formule paradoxale de « phénoménologie du sentiment », comme entreprise généralisante, ayant pour objet une intimité. Le thème de l’amour permet de donner à la phénoménologie un aspect inédit.

Réciproquement, cette phénoménologie procure son originalité au thème de l’amour : le cadre phénoménologique dépayse la topique amoureuse. En quelque sorte, la phénoménologie permet à Barthes de réécrire De l’amour de Stendhal. Cette œuvre est en effet très proche des Fragments : elle a pour sujet l’amour, pour forme le fragment, et revendique le caractère brut du discours. Mais elle diverge des Fragments en deux points majeurs, qui nous semblent être justement des clefs de voûte de la phénoménologie barthésienne. Premièrement, Stendhal tient deux types de propos bien différents. Par endroits, il tient des propos généraux : « La prudence est l’affectation de la gravité ; le badinage est l’opposé de la pruderie », dit-il à la page 44. D’autres passages sont à l’inverse très intimes et factuels : « 25 Oct. Les let[tres] que vous avez osé m’écrire ». Chez Barthes, le lecteur trouve au contraire une certaine uniformité, permise par la phénoménologie. Elle permet en effet la conciliation des tendances générale et particulière. Les propos sont très personnels, pourtant, Barthes se reconnaît dans certaines situations. Secondement, chez Stendhal, il est beaucoup plus question de l’amour que de l’amoureux. Il n’y a pas vraiment de sujet percevant, contrairement au texte du critique. Là encore, c’est la phénoménologie qui permet, chez ce dernier, d’exprimer le point de vue propre au sujet amoureux, tout en dévoilant sa vérité.

 

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Le Degré zéro de l’écriture[1] et les Mythologies[2], qui datent de la même période (1953-1956), ont pour tonalité majeure un marxisme qu’on pourrait qualifier de diffus. Barthes parlera lui-même en 1975 de « Mythologie sociale » pour désigner le « genre » de l’ensemble constitué par le Degré zéro, les écrits sur le théâtre et les Mythologies[3]. Or cette tonalité ne semble pas sans rapport avec la phénoménologie. Il suffit de penser à deux auteurs que Barthes affectionne tout particulièrement en ces années, Sartre et le jeune Merleau-Ponty[4], pour constater que la coprésence de ces deux courants de pensée n’est pas anodine. Tous deux mettent en oeuvre une phénoménologie et une pensée du marxisme. Si la sociologie marxisante de Barthes (que nous nommerons désormais, pour plus de simplicité, marxisme) est certainement en grande partie héritée de ces deux auteurs, nous ne chercherons pas à distinguer précisément ce qui lui vient de Sartre de ce qui lui vient de Merleau-Ponty, d’autant plus qu’à la lecture de ces auteurs ont pu se greffer les effets de lectures plus ponctuelles de Marx ou même de Hegel. Nous étudierons d’abord la nature du lien entre phénoménologie et marxisme chez Barthes, pour ensuite découvrir le lieu central de cette union, à savoir les idées de conscience collective et de dénonciation de l’ordre bourgeois; enfin nous montrerons comment dans les Mythologies, la phénoménologie marxisante disparaît dans les balbutiements de la sémiologie. (suite…)

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Les Mythologies dévoilent une conception de l’imaginaire proche de celle de Bachelard[1]. Cette critique de l’imaginaire révèle une phénoménologie dont nous décrirons les aspects et les particularités.

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Michelet a très peu été étudié par la critique. Il s’agit pourtant d’une œuvre surprenante, qui dénote par rapport aux autres textes publiés à la même période. En effet, Le Degré zéro de l’écriture comme les Mythologies sont marqués par une pensée du social s’appliquant, dans un cas, à la Littérature, dans l’autre, au sens commun, et ayant trait tous deux à une réflexion générale. Dans Michelet, au contraire, Barthes s’intéresse à un seul homme, et se livre à un exercice très littéraire[1]. Cette tonalité si particulière, nous l’associons à sa critique de l’imaginaire, inspirée de Gaston Bachelard et de Jean-Pierre Richard.

 

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